Horizon années 2020 - enjeux et risques

Il ne faut pas se leurrer, recycler 100% des plastiques est illusoire du moins dans un premier temps. Il va y avoir des phases de transition.
Pour le contenu ci-dessous, je me suis fortement inspiré du n°572 (septembre 2018) de la revue "Que Choisir" - et l'excellent dossier : "Déchets ménagers - Le tri, c'est tout sauf simple".

Rappel - horizon 2022

À l'horizon 2022 = TOUS les emballages en plastique pourraient être placés dans les bacs de tri.
Certes, mais il existe des emballages problématiques et le risque sera de produire une confusion chez le consommateur dans ses gestes de tri.
Soit : "Cela me semble être du plastique, et donc je le place dans le bac de collecte du tri des plastiques".

En savoir plus sur les plastiques...

À savoir...

À ce jour (2018), 85% de la population française en reste aux consignes de tri classiques, triant seulement les bouteilles et les flacons plastiques.
Néanmoins, certaines communautés de communes françaises disposent désormais de centres de tri qui ont été modernisés et automatisés afin de prendre en charge tous les emballages plastiques.
La revue "Que choisir", dans son dossier, cite ainsi le SMEDAR, le syndicat de traitement des déchets de Rouen Métropole et ses environs (610 000 habitants). Ce dernier a engagé de gros travaux de modernisation et est ainsi passé à l'extension des consignes de tri à tous les emballages plastiques.

Dans le "jargon", on parle ici de [centres de tri passés en "extention de consignes"]...
Il est ainsi déjà possible de dégager des tendances dans ces centres : actuellement (2018) 30 % des emballages plastiques - proposés au recyclage - ne le sont en fait pas du tout et sont envoyés en "refus de tri".

Des emballages problématiques

Un grand classique...

Exemples : sachets de café, de chips ou de gourdes de compote...

Ces emballages seront-ils recyclables et donc à placer dans les bacs de tri du plastique ?

Et bien... pas du tout...

Ils contiennent un mélange de plastique et d'aluminium et donc sont impossibles à recycler. Quand ils arriveront dans les centres de tri passés en "extention de consignes" => ils échoueront dans les "refus de tri" et donc iront dans l'incinérateur. Il vont donc compliquer les tâches, les moyens techniques et humains mis en oeuvre.

Dans le "jargon" = on parle d'emballage "alumino-plastique".

Voir des exemples d'organisations qui commencent à comprendre...

Voici un exemple plus "complexe"...

Voici un emballage de carpaccio proposé à la vente.

Dans cet emballage mélange de plastique et d'aluminium se trouve deux contenants en plastique qui contiennent le produit.

À noter que chaque contenant en plastique qui contient le produit propose un opercule qui est aussi en plastique.
De plus sont proposés des petits sachets d'épices et d'huile qui sont en plastique très souple.

Au final tout se complique puisque nous nous retrouvons avec un produit de consommation qui nécessite de "faire un tri avant le tri" :-)

  • Le sur-emballage plastique et d'aluminium devra aller dans la "poubelle normale" et non pas dans le bac de collecte des plastiques
  • Les contenants en plastique qui contiennent le produit et les opercules iront dans le bac de collecte des plastiques
  • Les petits sachets en plastique souple (épices et huile) ? Personnellement, je pense qu'il n'y a pas assez de matière et donc ils devraient aller dans la "poubelle normale"

Alors ? que va-t-on faire ?

Nous les consommateurs ? rien du tout, ce sont aux industriels de prendre conscience des enjeux et de proposer des emballages en plastiques qui seront totalement recyclables dans les centres de tri passés en "extention de consignes".
Et cela en liaison avec des structures comme CITEO ou l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie).
Ainsi, dans l'exemple ci-dessus, proposer des emballages qui seront complétement recyclables.

Notre action de consommateur sera économique vis-à-vis des industriels en refusant d'acheter leurs produits contenus dans des emballages plastiques qui ne seront pas recyclables.
Ainsi :

  • Refuser d'acheter des produits dans des emballages qui mélangent du plastique et de l'aluminium (plastique/alu)
  • Refuser le polystyrène (pots de yaourt dans cette matière, emballages de hamburgers, de viande en super-marché...) ces derniers ne seront pas recyclables
  • Refuser les sacs "soit disants biodégradables" qui ne se recyclent pas et perturbent le recyclage
  • Refuser les bouteilles de plastique opaque en PET et privilégier le PEHD

Un autre "risque"

Ne pas occulter qu'une filière de recyclage est un processus industriel qui certes représente des emplois mais surtout des réalités économiques.
Les structures industrielles qui traitent et produisent des plastiques recyclés veulent des résines de qualité.
Plus il y a de plastiques différents et plus on risque de dégrader la qualité du plastique recyclé.
Ainsi, beaucoup de - soi-disants plastiques recyclables - (dans la vision du consommateur) mais qui ne le sont pas, perturbent le recyclage d'autres matières plastiques.


Comment fonctionne un centre de tri ?

Comment se passe le tri dans un centre passé en "extention de consignes de tri".

Sources

Que Choisir (n° 572 - septembre 2018). Je n'ai pas changé trop de lignes.
SMEDAR, syndicat de traitement des déchets de Rouen Métropole et ses environs (610 000 habitants).

1 - Les camions de collecte déchargent à l'entrée du centre de tri.

2 - Les déchets en vrac (et après aussi l'ouverture automatique des sacs de tri), les déchets sont déversés sur le tapis de convoyage.

3 - Les tambours du "trommel"* (voir plus bas) tournent. Leurs mailles de trois tailles différentes séparent les déchets en fonction de leurs dimensions.

  • Moins de 6 cm - Intéressant, un équipement optionnel installé par le fond Nespresso (ok je fais de la publicité... et désolé) récupère le petit aluminium, dont celui des capsules de café, le reste part en refus de tri
  • De 6 à 35 cm - c'est la majorité des emballages, tout types de matériaux confondus
  • Plus de 35 cm - il s'agit surtout des gros cartons

4 - Les déchets plats (journaux, papiers) sont séparés des creux (canettes, bouteilles, flacons, boîtes...) par rebond.

5 - Des trieurs optiques séparent les déchets plats par matériaux.

6 - Après séparation des métaux, des films plastiques, des déchets creux par matériau, les différent flux de déchets arrivent dans la cabine de tri. Des trieurs (humains) y affinent manuellement le travail des machines et corrigent leurs erreurs, matériaux par matériaux.

7 - Tri manuel des plastiques.

8 - Tri manuel des papiers/cartons.

9 - Acheminement des déchets triés pour en faire des balles.

10 - Compression des balles.

11 - Les balles de métal sont prêtes à partir vers les fillières de recyclage.


* Un trommel (de l'allemand trommel - tambour) est un tamis cylindrique utilisé pour séparer les matériaux par taille - par exemple, séparer la fraction dégradable des déchets municipaux ou séparer différentes tailles de pierres concassées.

Ici j'ai trouvé une illustration sur internet, les textes sont en anglais mais parfaitement compréhensibles dans le principe.

 

Mémo du trieur

  • N'imbriquez pas les emballages les uns dans les autres
  • Ne mettez pas vos déchets recyclables dans des sacs sauf s'il s'agit du sac fourni par votre commune
  • Pliez les cartons
  • Ne placer que des emballages ou du papier, pas de couches bébés ou ordures ménagères

Notion dite de "refus de tri"

Dans les centres de tri passés en "extention de consignes", la tendance montre que 30% des plastiques ou d'autres déchets ne sont en fait pas recyclables.
Ils sont donc triés et seront brûlés pour une autre sorte de valorisation. Sauf qu'ils repartent sur des camions pour les amener à un incinérateur, et cela a ainsi un coût...

 

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